Conférence et salon Last Mile Delivery 2026 : ce que j’ai retenu de Toronto
Par Dibakar Ghosh
La conférence et le salon Last Mile Delivery se sont terminés à Toronto la semaine dernière. Dès la première journée, j’ai envoyé une note humoristique à mon équipe : « J’existe avec du café et à un peu de chocolat. » Mais ne sous-estimez pas une bonne tasse de café; c’est souvent ce qui me permet d’entamer la conversation.
Ce que j’aime dans cette industrie, c’est la franchise avec laquelle les gens échangent. Un thème est revenu constamment au cours des deux journées : la résilience de la chaîne d’approvisionnement est un travail en constante évolution. Les équipes qui gèrent bien les perturbations ne disposent pas nécessairement de systèmes plus intelligents que les autres. Elles ont simplement pris le temps de réfléchir à ce qui se passe lorsque quelque chose tourne mal.
Les recherches confirment ce que j’ai entendu à maintes reprises sur place.
- Les perturbations ne sont plus rares; elles sont devenues courantes. McKinsey a constaté que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement durant un mois ou plus surviennent désormais en moyenne tous les 3,7 ans et qu’elles coûtent, sur une période de dix ans, près d’une demi-année de profits à l’entreprise moyenne. (McKinsey, 2020)
- La plupart des équipes passent leur temps à gérer les urgences. Gartner a constaté que 44 % des responsables de la chaîne d’approvisionnement consacrent leur temps à réagir à des perturbations de moyenne ou de forte ampleur, et que plus du tiers des équipes de la chaîne d’approvisionnement passent au moins 30 % de leur temps à éteindre des feux. (Gartner, 2024)
- Votre chaîne d’approvisionnement dépend de vos partenaires, pas seulement de vous. KPMG a constaté que 43 % des organisations ont une visibilité limitée, voire inexistante, sur leurs fournisseurs directs. La solution n’est pas un système plus imposant doté d’un tableau de bord plus sophistiqué. Il s’agit plutôt de s’assurer que les données qui circulent entre vous et vos partenaires sont fiables, transmises rapidement et capables de signaler les problèmes dès leur apparition. (KPMG, 2024)
Les panels qui me font encore réfléchir…
Perturbations de la chaîne d’approvisionnement : comment les gérer et renforcer la résilience « Supply Chain Shocks: How to Manage and Build Resilience »
C’est l’une des meilleures conférences auxquelles j’ai assisté. Maria Gil Molina (directrice des opérations mondiales et de la chaîne d’approvisionnement), Caroline Croft, Andaleeb Syed Dobson et Michael Barsoum (directeur mondial de la production et des achats chez Joseph Ribkoff) ont chacun parlé des défis imprévus auxquels leurs entreprises ont récemment été confrontées et de la façon dont elles les ont surmontés.
Une phrase que j’ai notée et soulignée :
« La résilience n’est plus un filet de sécurité, c’est la stratégie. »
Le point soulevé par Michael, selon lequel de solides partenariats constituent la meilleure défense contre l’incertitude, rejoignait exactement ce que j’entendais dans les discussions informelles tout au long de la journée.
Des prévisions à la porte d’entrée : mettre en place un dernier kilomètre fiable et respectueux de l’image de marque au Canada « From Forecast to Front Door: Building a Reliable, Brand-Safe Last Mile in Canada »
Ce panel abordait plusieurs des mêmes enjeux, mais sous un angle différent. Sakshi Gupta, MBA, CSCP (Pet Valu), Vignesh Vishwanathan (directeur principal, CS&L / planification de bout en bout chez Mondelēz Canada) et Francisco Calderon, animés par Jesse Lyddiatt, ont discuté des mécanismes qui permettent d’assurer une performance efficace du dernier kilomètre.
Leur message était clair : livrer les commandes aux clients à temps et dans leur intégralité n’est possible que lorsque l’équipe de prévision, les planificateurs du réseau, l’équipe de gestion des stocks et les responsables de la logistique travaillent en étroite collaboration. Aucun service ne peut y parvenir seul.
Vignesh a souligné que le service est ce qui permet réellement de se démarquer de la concurrence. C’est facile à dire, beaucoup plus difficile à mettre en œuvre, et le panel a été très honnête à propos de cet écart.
De la réaction à la prévision : la technologie au service de la performance du dernier kilomètre « From Reactive to Predictive: The Technology Driving Last-Mile Performance »
Cette discussion portait davantage sur la dimension des données. Arya Bhavsar, PMP, M.Eng, et Tony Valayil Raju faisaient partie du panel. Tony a également animé une séance distincte sur les petits modèles de langage (SLM) appliqués à l’analyse du dernier kilomètre, que j’ai trouvée particulièrement intéressante.
Les SLM sont des modèles d’intelligence artificielle plus petits et plus spécialisés. Ils ne reçoivent pas autant d’attention que les grands noms comme Gemini, ChatGPT ou Claude, mais pour de nombreuses questions logistiques du quotidien, il n’est pas nécessaire d’utiliser le plus gros modèle du marché, et les économies réalisées peuvent être considérables.
La conclusion des deux présentations était la même : cessez d’analyser les problèmes une fois qu’ils se sont déjà produits et commencez à les détecter pendant qu’il est encore temps d’intervenir.
Vladislav Gorea, PGDip, a animé une séance portant sur une question que de nombreuses entreprises se posent actuellement : « Dois-je continuer à exploiter ma propre flotte de camions de livraison ou confier cette activité à une entreprise spécialisée? »
On observe également une pression croissante pour que les entreprises de camionnage adoptent des véhicules électriques. Bien qu’ils soient plus respectueux de l’environnement, cette transition peut s’avérer coûteuse et complexe. Il n’existe pas encore de réponse définitive à cette question, mais c’est un enjeu avec lequel les entreprises du secteur doivent actuellement composer.
Ce que je retiens
Si je devais résumer deux jours de discussions en une seule idée, ce serait celle-ci : les équipes qui gèrent bien les perturbations ne sont pas celles qui disposent des systèmes les plus imposants ou des plus grands moyens financiers. Ce sont celles qui ont accompli le travail discret, mais essentiel, consistant à s’assurer que leurs données sont fiables, que leurs partenaires sont bien connectés et que l’information leur permet de détecter les problèmes avant qu’ils ne surviennent.
C’est exactement ce que fait FSI. Nos portails fournisseurs personnalisés, nos solutions d’automatisation documentaire et nos services RVA (VAN) sont conçus pour assurer la fluidité de cette couche d’information, afin que les équipes puissent consacrer moins de temps à gérer les urgences et davantage de temps à faire avancer leurs activités.
Je suis revenu de Toronto avec un carnet rempli de notes, de nombreuses nouvelles connexions et une appréciation renouvelée pour les gens qui accomplissent ce travail. L’avenir du dernier kilomètre est en train d’être façonné par ceux qui refusent d’attendre la prochaine crise avant de se préparer. J’ai hâte de voir ce qu’ils construiront ensuite.
